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Assouan · Barrage
Haut barrage d'Assouan et le lac Nasser
L'ouvrage qui a arrêté la crue du Nil : le fleuve d'un côté, une mer d'eau douce de l'autre.
Le barrage a été construit entre 1960 et 1970 et inauguré en 1971, avec l'argent et les ingénieurs soviétiques, après le retrait du financement occidental. C'est une digue de roche et d'argile de près de quatre kilomètres, franchie par une route : d'un côté un lac sans rive opposée, de l'autre le fleuve qui repart vers le nord, étroit et vert, la centrale électrique entre les deux. Ce qu'il a apporté est réel — du courant pour tout le pays, une réserve d'eau qui traverse les mauvaises années, la fin des inondations — mais la crue emportait aussi le limon qui fertilisait les champs. Depuis, les terres se nourrissent d'engrais et le littoral du Delta recule devant la mer. À l'extrémité ouest se dresse le monument de l'amitié égypto-soviétique, une tour en forme de fleur de lotus. Derrière la digue, l'eau part vers le sud sans limite visible, et le désert s'arrête net au bord. C'est le lac Nasser, rempli à partir des années 1960 au fur et à mesure du chantier, et prolongé en territoire soudanais sous le nom de lac de Nubie. Les îlots de granit que l'on distingue étaient des sommets de collines, et sous cette eau se trouvent les villages nubiens qu'il a fallu quitter.
Le petit plus
Placez-vous du côté aval, celui du fleuve : c'est de là que l'on voit ce que le barrage a changé, l'eau qui repart étroite et verte entre deux déserts alors que derrière vous elle n'a plus de rive. Le lac se touche à Kalabsha, un arrêt distinct avec son billet et son bateau.
À savoir avant d'y aller
C'est un ouvrage stratégique et gardé : on y entre par un contrôle, on reste sur la partie ouverte au public, et ce que l'on peut photographier se demande au poste de garde. Il n'y a ni ombre, ni banc, ni café sur la digue, le vent souffle fort et la chaleur monte vite. Vu d'ici, le lac est une étendue sans détail, et la brume de chaleur mange l'horizon dès le milieu de matinée. Certaines agences vendent le barrage comme une demi-journée : c'est un arrêt d'une vingtaine de minutes, et il n'y a rien à voir de plus en restant davantage. Une croisière sur le lac ou une sortie de pêche est une prestation à part entière, qui se compte en journées et non en heures : ce n'est pas le prolongement d'une visite du barrage. Arrêtez avec votre chauffeur l'ordre de la matinée : l'obélisque inachevé, le barrage et Philae sont sur la même route au sud de la ville, et ce sont les allers-retours qui coûtent du temps.




