Photo : Holger Uwe Schmitt — CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Assouan · Nil
Île de Sehel
Un chaos de granit couvert d'inscriptions : les crues, les expéditions, une famine de sept ans.
L'île est faite de deux hauteurs prises dans les rochers de la première cataracte, au sud de la ville, et ses blocs de granit ont l'air d'avoir été jetés là. Sur leurs faces lisses, des centaines d'inscriptions ont été gravées pendant près de trois mille ans : fonctionnaires en route vers la Nubie, comptes rendus d'expédition, noms de rois, prières de gens qui passaient. La plus connue est la stèle de la Famine, un texte d'époque ptolémaïque qui met dans la bouche de Djoser, IIIᵉ dynastie, le récit de sept années de sécheresse et la donation de terres au temple de Khnoum, à Éléphantine — soit une inscription taillée plus de deux millénaires après le roi qu'elle nomme. Un village nubien occupe l'île, les enfants jouent entre les blocs, et rien sur place ne signale que vous êtes sur un site.
Le petit plus
Emportez de l'eau, et faites-vous conduire à la stèle de la Famine par quelqu'un du village : rien ne l'indique, et seul on tourne longtemps entre des blocs qui se ressemblent. Le matin, la pierre garde encore la fraîcheur de la nuit et les inscriptions se lisent mieux, la lumière arrivant de côté.
À savoir avant d'y aller
Rien n'est aménagé : pas de panneau, pas de sentier tracé, pas d'ombre. La vraie dépense est le bateau : négociez l'aller-retour en une seule fois, attente comprise, et en espèces, comme partout sur ce fleuve. Les blocs sont hauts, ronds et glissants, et l'on monte en s'aidant des mains : ni poussette ni fauteuil roulant. Si les inscriptions ne vous intéressent pas, l'île n'a pas d'autre programme à proposer — ce n'est pas une promenade panoramique.



