Photo : Alaazzpov — CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Le Caire · Sayyida Zeinab
Les lanternes de Ramadan
Le marché des fanous, quelques semaines par an : tôle découpée, verre de couleur, rue qui veille.
Avant Ramadan, les ateliers de Sayyida Zeinab sortent leurs fanous sur le trottoir et la rue de Taht el-Rab' devient un marché de gros : tôle soudée, verre coloré, une bougie ou une ampoule à l'intérieur, du modèle de poche au lampion qu'on suspend au balcon. La lanterne de Ramadan est une tradition cairote que l'on fait remonter à l'époque fatimide, avec des récits d'origine qui tiennent plus de la légende que de l'archive. Aujourd'hui deux marchandises se partagent l'étal : les lanternes de tôle et de verre montées à la main dans le quartier, et les modèles chinois en plastique, à piles, qui jouent une chanson. Le soir, sous les guirlandes, les familles viennent choisir le fanous que l'enfant portera, et l'on discute le prix comme partout.
Le petit plus
Venez à la tombée du jour, dans les deux ou trois semaines qui précèdent Ramadan : l'étal est au complet, les lanternes sont allumées, et vous voyez ce que vous achetez. Regardez d'abord la soudure et le verre, puis marchandez ; les grossistes vendent aussi à l'unité.
À savoir avant d'y aller
Hors saison, il n'y a rien à voir : le marché ne tient que quelques semaines par an, et le reste du temps la rue redevient une rue d'ateliers. Une lanterne de tôle et de verre voyage mal — arêtes vives, panneaux qui se dessoudent : faites-la emballer et prenez-la en cabine. Ramadan tombe en hiver ces années-ci, et une averse suffit à faire rentrer les étals sous les bâches. Espèces, foule dense le soir, sac tenu devant soi.



