Photo : Gr8worldfromgr8god — CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Le Caire · Heliopolis
Palais du baron Empain
Un temple hindou en béton sur la route de l'aéroport, longtemps laissé aux rumeurs.
L'industriel belge Édouard Empain a créé Héliopolis vers 1905 : une ville neuve dans le désert, avec son tramway et sa compagnie d'électricité. Pour lui-même, il commande à l'architecte français Alexandre Marcel une villa qui ne ressemble à rien d'autre au Caire, achevée autour de 1911 : plan carré, béton armé, galeries à colonnettes, et un décor emprunté aux temples hindous d'Orissa et à Angkor — éléphants, danseuses, divinités, serpents. On raconte que la tour pivotait sur des rails pour suivre le soleil ; aucune visite n'a jamais réussi à faire taire l'histoire. Abandonné pendant des décennies, le palais a nourri les légendes du quartier avant d'être racheté par l'État, restauré, et ouvert au public en 2020 avec une exposition consacrée à l'histoire d'Héliopolis.
Le petit plus
Les pièces sont nues : l'architecture et l'exposition font la visite, pas le mobilier. Gardez du temps pour le tour extérieur, où se trouve le décor le plus fin, puis marchez jusqu'à la basilique d'Héliopolis, à un kilomètre — Empain est enterré dans sa crypte.
À savoir avant d'y aller
Le public est ici cairote plus qu'étranger, et le week-end la file s'allonge à la grille. Le palais est cerné par la rue al-Orouba et ses voies rapides : arrivez du bon côté ; à pied, on ne traverse pas. Depuis l'aéroport, il est sur le chemin du centre, et une heure suffit : la halte la plus simple à caser dans un jour d'arrivée.



